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Philomena de Martin Sixsmith

Le 10 janvier 2014

Synopsis :

Lorsqu’elle tombe enceinte en 1952, Philomena Lee n’est qu’une adolescente. Dans l’Irlande de l’époque, avoir un enfant hors mariage est considéré comme un péché. C’est pourquoi sa famille l’envoie au couvent de Roscrea, tenu par des soeurs de Madeleine, comme d’autres « femmes déchues ». Quand son fils Anthony a trois ans, il lui est enlevé afin d’être adopté par de riches Américains. On oblige la jeune femme à signer un document dans lequel elle s’engage à ne jamais chercher à savoir ce que l’église a fait de son enfant.

Philomena a malgré tout dédié les cinquante années suivantes de son existence à chercher son fils, se heurtant sans cesse au silence de l’église. Elle ignore que, de son côté, celui-ci a entrepris la même quête. Rebaptisé Michael Hess, le garçon a fait bien du chemin depuis son adoption : avocat réputé, il a rejoint l’administration Bush. Tout en cachant à son entourage familial et professionnel son homosexualité, puis sa séropositivité. C’est justement parce qu’il se sait condamné qu’il décide de partir en Irlande, sur les traces de sa mère. Pour se heurter lui aussi au mutisme des nonnes…

philomena

Mon avis :

Je remercie tout d’abord Babelio pour l’envoi de ce livre, ainsi que les Editions Presses de la cité. Juste avant de recevoir la proposition de Pierre Krause, j’avais quelque peu entendu parler de ce livre, surtout à cause de la médiatisation autour de film. J’étais vraiment curieuse et assez tentée. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai pu me plonger dans cette biographie et avec une certaine attente qui a été plus que comblée. Il s’agit de ma première lecture de cette année 2014, qui commence plutôt bien pour moi, avec un très joli coup de cœur.

Ce livre est tiré d’une histoire vraie, c’est en quelque sorte un témoignage d’un temps pas si lointain, ou la condition féminine était bien plus difficile qu’aujourd’hui. Nous allons remonter la seconde moitié du XXème siècle, pour découvrir l’histoire de Philomena, mais surtout celle de Mike (Anthony). En effet, je pensais en lisant ce livre, découvrir une alternance de chapitre entre Philomena et Mike, mais pas du tout. C’est le seul point qui m’a dérangé, ou plutôt qui m’a étonné. La quatrième de couverture et le titre français laisse penser que nous allons suivre Philomena dans ses recherches, mais c’est plutôt Mike que nous suivons, le titre original correspond beaucoup mieux à l’oeuvre : « The Lost Child of Philomena Lee: A Mother, Her Son and A Fifty-Year Search »

Au tout début du roman, nous sommes en 1952, Philomena vit en Irlande, et malheureusement se retrouve enceinte, chose impardonnable à cette époque. Elle va donc être envoyée au couvent pour mettre au monde son enfant, et surtout pour travailler durant trois ans, pour rembourser les frais que sa famille ne peut assumer. Durant cette période, elle va donc vivre au côté de son fils Anthony, et elle va s’y attacher, des liens forts vont se nouer. Mais Anthony finira par être adopté. Pour l’église, Philomena ne mérite pas son fils, elle a fauté, et doit payer. A cette époque en Irlande, le clergé est tout puissant. Il va contraindre Philomena a signer les papiers d’abandon.

Anthony est donc adopté par une famille américaine de la classe moyenne, et pour lui c’est un déracinement complet. Sa mère lui manque, il pense qu’il est un être vil, puisque sa mère qui l’aimait a fini par l’abandonner. Il ne comprend pas. Il finira par commencer à s’attacher à sa nouvelle famille, mais restera une personne fragile psychologiquement. Il aura toujours l’impression de ne pas mériter le bonheur, il alternera des périodes calmes ou la félicité sera de mise, pour détruire ce qu’il aura bâti.

Nous suivrons la vie d’Anthony, rebaptisé Mike par sa nouvelle famille, durant son enfance, son adolescence, et sa vie d’adulte, de 1955 à 1995. Mike est une personne très intelligente qui gravira les échelons de la réussite professionnelle,  jusqu’au plus haute sphère politique américaine. 

En plus, d’un témoignage historique sur les complots de l’église toute puissante en Irlande dans les années 50, ce roman est également une très bonne source d’informations sur l’homophobie aux USA, et le début de la découverte du SIDA. Mais ce qui m’a le plus intéressé, c’est la manière dont l’auteur a su retranscrire la psychologie de Mike. On souffre avec lui, et on comprend sa détresse. Je me demande encore comment l’église a pu cautionner le fait de laisser vivre des enfants avec leur mère pendant trois ans, et ensuite leur arracher. Si c’est un crève cœur pour la mère, pour les enfants ça reste une blessure psychologique irrémédiable.

En bref, je dirais que c’est une biographie qui m’a vraiment touché, et que je ne suis pas prête d’oublier et surtout c’est un livre que je vous conseille absolument.

Ce livre a été publié aux Editions Presses de la Cité en 2013.

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3 réflexions au sujet de « Philomena de Martin Sixsmith »

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