lectures 2013·Mes chroniques·Partenariats & Services Presses

Un été à Cold Spring de Richard Yates

Le 04 novembre 2013

Synopsis :

Long Island, fin des années 1930. Fils d’un officier en retraite et d’une mère neurasthénique, le très séduisant Evan Shepard n’a pas dix-huit ans quand il se marie avec Mary, une lycéenne  » provocante « , tombée enceinte peu après une soirée au drive-in. S’il se révèle un mécanicien prometteur, il est parfaitement dénué d’ambition tandis que Mary, elle, prépare son entrée à l’université dès la naissance de leur fille : elle veut devenir un  » être à part entière « . Rapidement, c’est l’échec du couple, puis le divorce. Quelques années plus tard, une deuxième chance s’offre à Evan en la personne de Rachel Drake. Étonnamment douce, vertueuse et effacée, parfaite antithèse de Mary, elle est la fille de Gloria, une hystérique en mal d’amour et la sœur de Phil, un adolescent brillant, chétif et complexé. Evan et Rachel se rapprochent, se fréquentent, s’émoustillent et se marient pour, enfin, assouvir leur désir réciproque. Désargentés mais heureux, ils louent un appartement confortable loin de leurs familles respectives. Evan envisage même de reprendre ses études pour devenir ingénieur. Mais leur insouciance n’a qu’un temps : l’écho de Pearl Harbor se propage bientôt jusqu’à eux, la guerre éclate, l’armée recrute et, comble de malchance, Rachel tombe enceinte. C’est l’heure des compromis. Sous prétexte de quelques économies, Gloria propose bientôt aux jeunes mariés de partager ensemble une maison à Cold Spring, petite bourgade cossue où se côtoient paisibles parvenus et vieilles familles bourgeoises. C’est aussi là qu’habitent, fort opportunément, leur belle-famille, Grace et Charles Shepard, pour lequel Gloria ne peut cacher une violente inclination. Au cours d’un été, en 1942, toute cette assemblée de personnalités mal assorties et bien alcoolisées va cohabiter dans la grande demeure humide, amenée à devenir le théâtre des désillusions individuelles et collectives de ses hôtes.

un été cold spring

 

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier les Editions Robert Laffont pour m’avoir permis de découvrir ce livre et surtout cet auteur que je ne connaissais absolument pas.

Richard Yates naît en 1926 dans l’État de New York. Après une enfance instable dominée par le divorce de ses parents, il rejoint l’armée et est envoyé en France, puis en Allemagne juste après la Seconde Guerre mondiale. De retour à New York au début des années 1950, il devient journaliste puis nègre – il écrit pendant un temps les discours du sénateur Robert Kennedy – avant de travailler dans la publicité. En 1961, paraît aux États-Unis La Fenêtre panoramique, qui est un formidable succès critique. Après la publication de ce premier roman, finaliste du National Book Award, il enseigne entre autres à l’université de Colombia, à Manhattan, puis à celle de Boston. Il est soutenu par de nombreux écrivains dont Kurt Vonnegut, Dorothy Parker, William Styron ou Tennessee Williams et exerce une forte influence sur Andre Dubus, Raymond Carver et Richard Ford. Il meurt en 1992.

 

J’ai vraiment apprécié ce portrait d’une famille américaine dans les années 40, et pourtant il ne s’agit pas d’une belle image. Richard Yates nous montre surtout les défauts, les pensées sombres, et les sentiments les plus vils, la jalousie, la lâcheté, le culte de l’apparence et du paraître.

Le début du roman se passe dans les années 30, nous faisons connaissance avec Evan et sa famille. Il est le fils d’un ex-militaire, et d’une mère fragile psychologiquement. Il a tout du mauvais garçon, mais il finit par se racheter une conduite. Il épouse sa petite amie de l’époque après l’avoir mise enceinte, mais le jeune couple n’était pas prêt pour cela, il divorcera très rapidement.

Ensuite nous basculons assez rapidement quelques années plus tard en 1942, peu après Pearl Harbor. Et nous faisons connaissance d’une nouvelle famille qui va être étroitement liée à celle d’Evan, puisqu’il en épousera la fille.

Ce roman s’appuie surtout sur les liens et les divers sentiments qui lient les différents protagonistes de cette famille. Evan est un personnage assez égoïste et assez lâche qui n’ose pas dire franchement ce qu’il pense, et qui a tendance à laisser agir les autres, et se plaindre ensuite, il se montre même parfois violent. Sa jeune épouse, Rachel, peut se montrer manipulatrice à ses heures, et montre une façade en apparence joyeuse, celle du bonheur parfait, mais tout cela n’est que miroir aux alouettes. Gloria la belle-mère d’Evan, est le personnage le plus travaillé, je trouve, mais elle est toujours à la limite de la folie. Elle ne rêve que de sa jeunesse perdue, de sa beauté, et de luxe, tout le contraire de sa vie. Quant à Phil, le jeune beau frère d’Evan, il est jaloux, et manipulateur.

Alors vous me direz, mais est ce que j’ai vraiment aimé ce livre ? Et la réponse est OUI ! C’est tout le paradoxe de ce roman. D’habitude avec des personnages aussi peu attachants, j’aurais eu l’impression de survoler le livre et de ne pas entrer dans l’histoire. Mais ici ce n’est absolument pas le cas. La grande force de ce portrait, c’est l’écriture de Richard Yates.

Une écriture riche et dense, mais une écriture fluide. J’avais l’impression d’y être et de voir se dérouler devant mes yeux, un vieux film en noir et blanc de l’époque. Richard Yates, nous brosse ici le portrait d’une famille américaine, ou les jeunes adultes sont encore coincés dans les clichés d’une Amérique ultra puritaine, leur laissant présager un avenir tout en morosité.

En bref, il faut lire ce livre comme un arrêt sur image, pour découvrir une époque, comme lorsque nous ouvrons un vieil album photo. Pour moi, c’est une très belle découverte.

Ce roman a été publié en octobre 2013, aux Editions Robert Laffont.

Publicités

5 réflexions au sujet de « Un été à Cold Spring de Richard Yates »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s