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Une chanson pour Ada de Barbara Mutch

Le 3 septembre 2013

Synopsis :

Ada naît dans les années 1930 à Cradock House, demeure de la famille Harrington. Fille illégitime de la domestique noire, elle grandit aux côtés des deux enfants du couple. Elle ne va pas à l’école, mais Cathleen Harrington, la maîtresse de maison, lui apprend à lire. Remarquant son intérêt pour la musique, cette dernière entreprend de lui enseigner le piano, en dépit des réserves de son entourage. Ada a beau s’avérer une élève assidue et une pianiste très douée, ses perspectives d’avenir semblent cependant bien limitées dans un pays où la situation entre Blancs et Noirs se durcit de plus en plus. L’année de ses dix-huit ans, alors que la politique de l’apartheid est mise en place sur l’ensemble du territoire, Ada est violée par Mr Harrington. Enceinte, elle se réfugie chez sa tante, dans un township. Son talent pour la musique et l’amitié qu’elle partage avec Mrs Harrington vont se révéler ses meilleurs alliés dans un monde où, mère d’une enfant métisse, elle n’a nulle part sa place.

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Mon avis :

Je vais aller simplement droit au but : J’ai adoré ce livre, et c’est un énorme coup de cœur. Bizarrement, c’est souvent dans ce genre de cas, que j’ai du mal à livrer mon avis, peut-être tout simplement parce que ma lecture fut tellement intense que j’ai peur de ne pas savoir assez bien vous retranscrire mes sentiments.

J’ai absolument tout aimé dans ce livre, que ce soit le lieu, le contexte historique, les personnages, l’écriture de l’auteure.

Ce roman se passe en Afrique du sud, sur plusieurs dizaines d’années à partir des années 30, Ada, le personnage principal, et narratrice de ce roman, nous raconte son histoire, à Cradocck House, ou elle naît. Elle est tout comme sa mère, au service des Harrington, une riche famille blanche, et s’occupe de l’entretien de la maison, de la préparation des repas. Mais Ada est noire, et le régime politique de l’Afrique du Sud, va se durcir de plus en plus, jusqu’à la mise en place de l’Apartheid.  J »ai aimé également les réflexions d’Ada, comme c’est elle la naratrice, elle nous parle, à nous lecteurs, et je me suis sentie très proche d’elle.

Je n’ai pas de père.

Enfin, c’est peut-être inexact. Je n’ai jamais vu mon père. Il doit être quelque part, chez lui ou chez les ancêtres, mais je ne l’ai jamais connu.

L’histoire d’Ada m’a profondément touché, elle est courageuse, même très courageuse. C’est une fille puis une femme intelligente, belle, qui a le cœur sur la main. Cathleen Harrington qui était déjà très proche de la mère d’Ada, va très vite considérer cette dernière comme sa protégée, au mépris des convenances et des lois sur l’Apartheid. Elle aime Ada comme sa propre fille, elle en est fière. Elle va lui apprendre le piano dès son enfance. Ada va vite devenir une pianiste émérite, et en quelque sorte, c’est ce qui va la sauver.

L’apartheid !

C’était un nouveau pour moi. Je ne l’avais jamais vu sur les devantures des magasins ni sur les écriteaux devant le kiosque à journaux qui, durant toutes ces années auparavant, avait affiché : « C’est la guerre ! ».

Ada joue pour survivre, dans la cité noire, après la naissance de sa fille métisse, mais elle joue aussi pour canaliser la haine de l’apartheid, pour unir les ennemies, même si parfois ça ne suffit pas. Le texte de ce roman est parsemée de petites phrases et expressions musicales, et bien sur, j’ai adoré.

Sa fille Dawn, est en fait le reflet de sa mère. En effet de part sa couleur de peau, Dawn ne trouve pas sa place, entre le Township noir, et les beaux quartiers blancs. Ada quant à elle, est partagée entre son amour pour Cathleen Harrington et sa famille, qui l’ont vu grandir, et sa vie dans le Township de Cradock, ou elle enseigne la musique dans une petite école pour enfants noirs.

Dawn adorait la musique. Cela ne s’exprimait pas au moyen d’un instrument, mais avec son corps élastique et ses pieds agiles. La cité noire est devenue sa scène. Si je rentrais chaque jour avec gratitude à Cradock House, ma fille regardait par dessus son épaule ce qu’elle laissait derrière elle. Dawn avait beau adorer sa nouvelle maison, elle dansait au rythme du « Bach du Township », comme si c’était son essence, et non pas seulement la moitié de son héritage.

Dans ce roman, Barbara Mutch, fait défiler la vie d’Ada, telle une partition de musique avec ses différents tempos, et malgré le contexte difficile de ce roman, Ada nous fait goûter simplement à ses petits instants de bonheur.

En bref, Une chanson pour Ada est un roman que je ne peux que vous conseiller.

Ce livre a été publié en 2013 aux Editions des Presses de la Cité.

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5 réflexions au sujet de « Une chanson pour Ada de Barbara Mutch »

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